Calendrier

Juillet 2009
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>
Mercredi 25 avril 2007

Ségolène Royal : discours du 22 avril 2007, à Melle (Deux-Sèvres)

 

Français, Françaises, mes chers compatriotes, à vous qui m’avez apporté si nombreux vos suffrages, aujourd’hui, je vous exprime ma joie et ma profonde gratitude.

 

Un élan civique s’est levé, la très forte participation que j’avais appelée de mes vœux est là. Je mesure la responsabilité éminente et qui m’honore, que vous me confiez ce soir.

 

Je n’en tire aucune gloire personnelle. Vous me donnez une responsabilité majeure, celle de porter le combat du changement pour que la France se relève.

 

Pour que la France se relève, qu'elle retrouve son optimisme et qu’elle fasse le choix de l’audace et de la sérénité, une nouvelle campagne s’ouvre. Dans 15 jours, la France va choisir son destin et son visage.

 

Je lance un appel à toutes celles et ceux qui veulent que la France fasse triompher la République du respect parce que nous savons qu’il n’y a pas de liberté sans justice, qu’il n’y a pas d’efficacité économique sans progrès social. Nous aurons, le 6 mai prochain, un choix clair entre deux voix très différentes.

 

Et je tends la main à toutes celles et tous ceux qui pensent comme moi qu’il est non seulement possible mais urgent de quitter un système qui ne marche plus.

 

Mes chers compatriotes, je vous invite à inventer une France neuve, à la fois protectrice et dynamique, une France à la fois fraternelle et conquérante et qui permet à chacun de construire et de réussir sa vie.

 

J’appelle ce soir au rassemblement de toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans les valeurs du pacte présidentiel, et qui pensent que l’on peut réformer la France sans la brutaliser, qui veulent faire triompher toujours les valeurs humaines sur les valeurs boursières, qui veulent mettre fin aux insécurités et aux précarités qui se sont douloureusement creusées au cours de ces dernières années, qui veulent faire reculer toutes les formes de violence grâce à un ordre juste et à de nouvelles sécurités durables.

 

Je continue à faire le pari de l’intelligence des Français et je refuse de cultiver les peurs. Il s’agit de mettre la priorité sur l’éducation, de consolider les familles, d’épauler les plus fragiles et notamment nos anciens et les personnes en situation de handicap dont les conditions de vie se sont gravement détériorées au cours de ces cinq dernières années.

 

J’entends instaurer des règles justes dans la mondialisation, maintenir en France nos centres de décision et notre tissu industriel, refuser la régression sociale qu’entraînerait l’abandon à un libéralisme effréné.

 

Nous ferons de l’emploi, ensemble, notre combat principal et nous le gagnerons avec des entreprises performantes et conquérantes qui respectent les salariés grâce à une démocratie sociale rénovée.

 

Je comprends la déception de toutes celles et ceux dont le ou la candidate n’est pas au second tour. Mais je voudrais leur dire ceci : Je serai la présidente garante d’un Etat impartial.

 

Car vous le savez, je suis une femme libre comme vous êtes un peuple libre.

 

Je ne suis l’otage d’aucun clan, d’aucun groupe de pression, d’aucune puissance financière.

 

Nous sommes nombreux et nombreuses aujourd’hui, au-delà de notre vote du premier tour, à ne pas vouloir d’une France dominée par la loi du plus fort ou du plus brutal, et verrouillée par les puissances de l’argent où tous les pouvoirs sont concentrés entre peu de mains, toujours les mêmes.

 

Avec moi, je vous propose de choisir une démocratie où l’on respire librement, avec un parlement qui délibère et contrôle, un gouvernement qui a des résultats et qui rend des comptes, un Etat sans gaspillage, une justice indépendante, des médias pluralistes et des libertés publiques garanties.

 

Oui, je veux une République refondée et non garrottée, un état exerçant une autorité juste et ferme, des régions dynamiques, des services publics modernisés et performants, avec des citoyens libres, éduqués par notre école, conscients de leurs droits comme de leurs devoirs.

 

Si vous me confiez la charge de présidente de la République , j’aurais à cœur de défendre les intérêts de la France en Europe et dans le monde.

 

Le patriotisme républicain trouvera tout son sens dans la construction d’une Europe socialement et économiquement redressée et capable de peser, dans un monde multipolaire.

 

Les Français seront appelés à se prononcer par référendum sur le nouveau traité européen, celui-ci ne se fera pas à leur insu.

 

Cette Europe sera au service de la paix, elle œuvrera au dialogue des cultures, au co-développement avec les pays du Sud et à la préservation des équilibres de la vie sur la planète.

 

Avec vous, je vais rendre à la France la fierté de son histoire, une France qui renoue avec ses valeurs universelles, car quand la France rencontre une grande idée, elles font ensemble le tour du monde.

 

Je veux une France qui renoue avec l’idéal de la République des Lumières, des droits de l’homme et de la femme, et de la citoyenneté qui ont fait sa force et sa beauté. Venez hommes et femmes de France de tous âges, de tous milieux, de tous territoires et de toutes origines, venez ; forces vives de notre belle nation, venez, serrons-nous les coudes, ensemble nous allons rendre le sourire à notre pays. Ensemble, nous allons conjurer les mauvais démons de la déprime et du déclin.

 

Chers compatriotes, rassemblons-nous, ce sont nos idées, notre idéal qui vont gagner, car ils sont au service de la France et des Français, de la paix civile et de l’harmonie sociale.

 

J’appelle toutes les énergies et l’espérance à se mettre en mouvement pour une France victorieuse, une France présidente, fière d’elle-même, pour que les Français s’aiment en elle.

 

Notre victoire est possible, car l’audace et la générosité sont là. C’est une question de volonté et de cohérence, je les ai. J’ai besoin de vous, parce que la France a besoin de vous.

 

Vive la République , vive la France !

www.franceradicale.org

Par Gévaudan - Publié dans : La Luminade
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 17 août 2005

Destin de l’ours

 

Notre vie est penchée ainsi que des fumées

nos gestes de sonneur n'énervent pas le ciel

Tels des bouquets noyés nos cerfs-volants dérivent

et le monde paraît les suivre.

Georges Limbour, Soleil bas.

 

I

 

   La forêt languit, où l'ours griffe le feuillage rouillé des coudriers.

   Un éboulis roule dans la nuit, sous la pluie, et l'été meurt par les laies engourdies.

   S'accrochent, aux adrets déserts, les feux provisoires. Se mirent les peines dans l'aimant des miroirs, et la face obsédante de la lune énerve la solitude aux doigts hirsutes. S'oublient les cals des foins, la soif et la sueur, le sel du soleil. Filent les fumées à l'horizon du soir.

 

   Me possède la spirale de l'autour.

 

 

 

II

 

   Je poursuis mes chiens, cernant le troupeau, et l'ortie dans le lait blanchit le matin lent sur la neige. Le gel fend le miel. L'ours traque l'été dans la vallée.

   Les marches, l'ardoise et les toits sonnent. D'en haut, sont descendues les bêtes mi-nuit mi-soleil, les yeux sans écho. 

 

 

III

 

   Un seul arbre emboise la forêt, germe fragile de l’œil dans la splendeur de l'air. Que sont devenues les ombres qui se succédaient sur le zinc du ciel brûlant où cuisait le soleil ?

   Taches des ruines, débris des sources.

   Les nuages font des torsades. La lumière s'entasse au creux des cols. 

 

 

 

IV

   Le jour va au pas du troupeau, brebis de misère qui suivent ce que suit mon destin.

 

   Dessus les éboulis, derrière le chien bavard, je descendais sur le retour de l'ours d'une visite aux cayolars. Je descendais des cols, tout neigeux et le visage flou, jusqu'aux bois de hêtres et d'ormes glabres. 

 

 

V

   Pieds de terre sur le chemin, mains de grains dans les blés, sexes de nuages derrière les meules : ô temps séchés des générations petites, guerre menaçante de tout cerveau ; les voix ailées, aigres sur les cimes, tous les combats nous touchent.

   Je presse mon pas comme une meute, chiens des distances, dans la vallée aux bruits étroits. Blanche est l'aube après les récoltes, végétations migratrices. Et, dans le sérail des ombres, je revêts la crue emmêlée des ruisseaux, le lac et les étoiles.

 

   J'ouvre mes yeux, gardiens des nuits.

 

 

 

                          Lescun, vallée d'Aspe, octobre 1975

Par Gévaudan - Publié dans : La Luminade
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 17 août 2005

 

"La Luminade" est une marque déposée avec son logotype

 

Logotype gravé par Ishta, d'après le tarot dit "de Marseille" imprimé par Jean-Pierre Payen (Avignon, 1713)

 
Par Ishta - Publié dans : La Luminade
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Blog : Littérature sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus